La mobilité de loisirs en transports publics

Les loisirs occupent une place prépondérante dans la vie des Vaudois au point d'être devenus, au fil des années, le motif principal de leurs déplacements quotidiens. A l'heure actuelle, les trajets pour les loisirs s'effectuent encore majoritairement en voiture. Augmenter la part modale des transports publics pour ce type de déplacement est une priorité pour le Canton, qui oriente dès cette année sa campagne de sensibilisation sur la mobilité de loisirs.

Une offre en transports publics en continuel développement


Depuis de nombreuses années, le Canton s’engage fortement pour développer l’offre et les infrastructures de transports publics. Les subventions au trafic régional ont progressé de 60% entre 2008 et aujourd’hui pour atteindre 230 millions en 2019. Sur la même période, 862 millions ont été investis pour l’infrastructure ferroviaire, sans compter les importants soutiens financiers obtenus de la Confédération. L’amélioration continue des horaires et la multiplication des cadences dans l’ensemble du Canton portent leurs fruits, puisque l’offre a progressé de plus de 30% sur l’ensemble du territoire.

Conséquence directe de la politique de développement de l'offre, les comportements de mobilité des Vaudois évoluent positivement, surtout pour les déplacements pendulaires. Ainsi,  la part des transports publics pour les déplacements liés au travail et à la formation a augmenté de 6% de part en plus depuis les années 2000, avec pour corollaire une diminution de près de 10% de part en moins de l’utilisation de la voiture individuelle.

Les loisirs, un enjeu important pour la mobilité cantonale


L’attention du Canton se porte aujourd’hui sur la mobilité de loisirs* qui représente le principal motif de déplacement des Vaudois (40% de leurs déplacements quotidiens contre un quart pour les trajets pendulaires).

Plusieurs facteurs expliquent la place de plus en plus importante accordée aux loisirs dans notre quotidien :

  • La mise en place d'une véritable société de loisirs
  • Le temps libre que nous avons à disposition
  • Les horaires et rythmes de travail plus flexibles
  • Les aspirations personnelles à consacrer plus de temps aux loisirs

Si certaines activités peuvent être effectuées à domicile, la plupart nécessitent au moins un déplacement, que ce soit pour aller au restaurant, rendre visite à des amis ou de la famille, pratiquer du sport, etc. Ainsi, sur une moyenne de 90 minutes de déplacement effectués quotidiennement par les Vaudois, 40 minutes sont liées aux loisirs, contre seulement 20 minutes pour les déplacements pendulaires.

*Par loisirs, le langage commun désigne de manière générale des moments de temps libre, à disposition des individus en dehors des occupation obligatoires ou imposées, comme le travail ou la formation. Les loisirs peuvent être regroups en 3 catégories : visites, restaurants/bars, autres loisirs (sport, randonnée, vélo, sport passif, extérieur, bien-être, associations, excursions, pique-nique, shopping, etc.).

Les loisirs en transports publics : un potentiel en développement
 

Les déplacements liés aux loisirs restent majoritairement effectués en voiture individuelle. En effet, 50% des déplacements des Vaudois se font en voiture, contre 41% en modes doux et seulement 9% en transports publics.

Les habitudes de mobilité prennent néanmoins un tournant un peu plus durable puisque, depuis les années 2000, on observe une diminution de 11% de part en moins de l'usage de la voiture pour les loisirs, qui se fait essentiellement au profit des modes doux (vélo et marche), qui connaissent une marge de progression plus forte, avec une augmentation de 10% de part en plus en termes de parts modales, contre une augmentation de seulement 1% de part en plus pour les transports publics.

Cela s'explique par le fait que :

  • La marche et le vélo sont privilégiés pour les activités de proximité, impliquant des déplacements de courte distance
  • Ils sont aussi considérés comme des loisirs à part entière

Les statistiques ci-dessus confirment le fort potentiel de développement des transports publics pour les loisirs. Un potentiel d'autant plus important qu'il est lié à des enjeux clés en rapport avec la mobilité de loisirs.

Les enjeux liés à la mobilité de loisirs en transports publics


Fluidifier les déplacements

  • Pour les loisirs quotidiens : décharger les heures de pointe du soir en semaine (16h-19h) qui sont les plus chargées sur les routes (plus d'un tiers du trafic du soir en semaine, tous modes confondus, est dû aux loisirs).
     
  • Pour les loisirs occasionnels : diminuer les surcharges du réseau routier lors des pics épisodiques de loisirs, comme par exemple les départs et retours de week-ends ou de vacances.


Préserver le climat

A l'heure où les enjeux environnementaux sont plus importants que jamais, il est primordial de tendre vers une mobilité de plus en plus durable, émettant moins de polluants, en faveur du climat, sachant que :

  • Les loisirs quotidiens représentent 40% des distances parcourues, dont 80% en voiture, et impactent fortement le climat.
     
  • La mobilité de loisirs  génère 42% des émissions de CO2 liés à la mobilité des Vaudois (27% pour la mobilité pendulaire).
     
  • Les transports publics réduisent fortement l'impact sur l'effet de serre : 20 fois moins d'émissions de CO2 pour une personne se déplaçant en train et 5 à 6 fois moins pour celle se déplaçant en transports urbains par rapport à la voiture.

Conditions cadres existantes pour faciliter la mobilité de loisirs en transports publics


L'offre et l'infrastructure existantes facilitent déjà les déplacements quotidiens en transports publics pour les loisirs :

  • Des cadences toutes les 15 ou 30 minutes pour les trains et les bus qui rendent les transports publics performants et attractifs pour les déplacements de loisirs.
     
  • Des transports publics toujours plus confortables, avec des correspondances de plus en plus facilitées et une communauté tarifaire sur la presque totalité du Canton.
     
  • Un matériel roulant et des infrastructures facilitant l’accès aux transports publics pour les poussettes, les vélos, les skis, etc.
     
  • Une offre en soirée et en week-end en développement continu (métros m1 et m2, bus régionaux, etc.).

Les Vaudois sont prêts au changement d'habitude


En parallèle, les habitudes de mobilité évoluent :

  • 39% d’entre eux utilisent déjà régulièrement plusieurs modes de transport (les Vaudois sont des multimodaux)
     
  • 35% des personnes qui utilisent habituellement un seul mode de transport (monomodaux) sont ouverts à la multimodalité, car elles utilisent déjà occasionnellement plusieurs modes.
     
  • parmi les 12% d’automobilistes utilisant exclusivement la voiture, 2/3 d’entre eux le sont par contrainte, non par choix, et se disent prêts à s’ouvrir à d’autres modes. Au final, seuls 4% veulent rester des automobilistes "exclusifs" pour tous leurs déplacements.

L'ampleur des déplacements de loisirs en termes de flux, le fait que l'on se déplace toujours plus souvent pour ce motif, l'importance des montants engagés pour développer l'offre, les enjeux notamment climatiques qui y sont liés  expliquent l'importance qu'il y a à promouvoir et inciter aux déplacements de loisirs en transports publics.